Romans

La mémoire en blanc

Titre : La mémoire en blanc

Auteur : Isabelle Collombat

La quatrième de couverture :

Léonie revient à Lyon pour quelques jours, elle est danseuse à Bruxelles dans une compagnie prestigieuse, elle a dix-neuf ans. Elle a été adoptée par une bonne famille lyonnaise, elle est noire. Harcelée au téléphone, agressée dans la rue et dans le métro, elle se rend vite compte que ce n’est pas le fait du hasard. Devant l’attitude embarrassée de ses parents, elle va détricoter le fil de son histoire. Non, elle n’est pas née en France mais au Rwanda, où son père faisait des affaires avec l’armée. Vingt ans après le génocide, la plaie est encore ouverte pour certains de ses compatriotes, avides de vengeance.
Pour Léonie c’est la stupéfaction, la révélation de son identité noire à laquelle elle n’avait jamais pensé dans ces termes là, et les cauchemars qui l’assaillent depuis toujours prennent leur sens. Heureusement, il y a la danse, et son amoureux qui veille.

Mon avis :

C’est le second livre dont le thème est le génocide rwandais que je lis. Un papa de sang n’avait pas été une lecture très agréable ; je dois avouer que celui-ci tire bien son épingle du jeu.

En effet, même si le thème est le même, Isabelle Collombat l’intègre habilement à son récit. Au premier abord, il est même difficile de s’imaginer que c’est le sujet qui est ici abordé. Elle se prévient de la tendance au pathos que ce genre de récit peut amener en mettant au centre de son histoire, une héroïne qui ne connaît pour ainsi dire rien de cette guerre et qui va la découvrir tout en se découvrant elle-même.

Léonie est une jeune femme qui partage sa vie entre la danse, sa passion, et son amant Raoul. Adoptée dans son enfance par une famille aisée, elle n’a jamais eu à souffrir ou à s’interroger sur l’avenir. Je dois avouer que cette particularité m’a parfois rendu ce personnage antipathique. Elle semble parfois si cruche que c’en est désopilant. Bien consciente qu’elle a jusqu’ici vécu dans un cocon, elle ne veut pas le quitter, même pour venir en aide à sa mère qui s’effondre peu à peu. Je l’ai trouvé particulièrement égoïste. Et en même temps, l’auteur décrit les choses de telle façon qu’on a envie d’essayer de comprendre ce qu’elle affronte et son besoin de nier la vérité. Malgré tout, je n’ai pas réussi à vraiment m’attacher à ce personnage. J’irai même jusqu’à dire que ce n’est pas celui qui porte le récit. Ce rôle est plutôt celui d’Étienne, jeune étudiant policier croisé dans le train, il semble beaucoup plus investi dans ce récit que l’héroïne ! Les autres personnages m’ont paru un peu caricaturaux et fades.

Pour autant, Isabelle Collombat peut compter sur son talent scénaristique pour contrebalancer ses personnages un peu ternes. Dès les premières pages, plusieurs fils conducteurs apparaissent dont le noeud ne se dévoile qu’à la toute fin. J’ai trouvé l’ensemble bien conduit : le récit est suffisamment court pour ne pas laisser au lecteur le temps de découvrir par lui même tous les tenants et les aboutissants même s’il peut déjà se faire une idée de ce qui arrive à Léonie.

Malheureusement, ce n’est pas assez pour créer l’ambiance un peu étouffante qui aurait mieux convenu à cette traque. L’ensemble est un peu plat et tout comme l’héroïne, on ne se sent jamais vraiment en danger…

Une mention particulière tout de même à la couverture. Si elle semble un peu bizarre au début, une fois le livre lut, je la trouve plutôt très bien faite. 😉

Note : 2.25/5

 

 

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