Romans

Le vieux monde est derrière toi

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Titre : Le vieux monde est derrière toi

Auteures : Sylvie Baussier & Pascale Perrier

La quatrième de couverture :

Quand Joël et Madeleine se rencontrent, les barrières et les étiquettes volent en éclat. Pourtant tout devrait les séparer. Lui est aveugle, un peu écrasé par un frère très sûr de lui et vit dans un milieu confortable mais froid. Elle est l’énergie même, rêve d’être journaliste, et protège son jeune frère Bruno, aveugle de naissance. Ils se retrouvent autour de l’INJA (institut national des jeunes aveugles) et apprennent à s’apprivoiser, et à résister aux préjugés, tandis que leurs parents organisent une association pour les aider à mieux vivre au quotidien. L’existence de Joël est de nouveau bouleversée quand la vue de sa petite soeur Annie décline à son tour. Ensemble, ils vont se battre pour vivre comme les autres. De concours de chant radiophonique en courses poursuites dans les rues de Paris métamorphosées par les événements de mai 1968, ces adolescents se trouvent et affirment leur désir de vivre leurs rêves

Mon avis :

Quand j’ai commencé ce roman, j’avoue que je n’étais pas trop emballée. Ça commençait en effet mal : un jeune malvoyant déprimé, une famille pas très soutenante, le début des années 60 et le sexisme qui va avec… Bref, j’ai eu envie de jeter le livre très loin.

Heureusement, les auteures ne restent pas sur ce registre longtemps et très vite, il apparaît que si Joël est déprimé ce n’est pas par démotivation, mais surtout parce que son entourage s’emploie à la lui ôter. Il ne restait donc plus qu’à changer ce dernier et c’est là qu’entre en scène Bruno, un adolescent aveugle depuis le berceau, qui va l’espace d’une rencontre remettre en question le monde de Joël.

Les écrivaines auraient pu se contenter de cela, donner petit à petit des ailes à Joël, du relief grâce à des gens plus bienveillants que compatissants à l’image de Madeleine, mais elles ont voulu pousser le bouchon un peu plus loin. Pour parler de Joël, il fallait parler de handicap et de Madeleine, et pour parler de cette dernière, il fallait parler d’émancipation. C’est un pari plus que réussit puisque les deux dames parviennent à marier à merveille une histoire d’amour, de quête de soi et les événements qui ont préfiguré mai 68.

Quoique ces derniers appartiennent à l’époque contemporaine, j’en garde, comme beaucoup, une image un peu minimaliste qui se résume à une révolte contre l’ordre établi. Hors, ce roman permet de resituer petit à petit la naissance de ce mouvement et ses tenants et aboutissants. J’ai particulièrement aimé les petits clin d’oeil glissé ça et là à des personnes désormais célèbres qui n’étaient alors que de jeunes étudiants révoltés.

Ce roman ne se contente pas d’aborder des sujets d’actualités (handicap, sexisme…), il met surtout en avant un problème sous-jacent à notre société qui montre que près de 40 ans après mai 68, il est toujours questions des mêmes discriminations, des mêmes intolérances, de la même indifférence.

De quoi faire réfléchir les lecteurs, car n’appartient-il pas à la génération actuelle de donner à nouveau un grand coup de pied dans la fourmilière?

Note : 4.25/5

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