Romans

Juste un peu de temps

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Merci aux éditions Stock et à Netgalley pour leur confiance.

Titre : Juste un peu de temps

Auteur : Caroline Boudet

La quatrième de couverture :

Sophie, 35 ans, épouse et mère de trois enfants, satisfaite de son travail, est l’archétype de la femme accomplie selon les codes sociaux actuels. Elle perd pied malgré tout. L’auteure, elle-même mère de famille, traite ici d’un sujet de société très présent dans l’actualité, la charge mentale. Premier roman.

Mon avis :

C’est le second roman des éditions Stock qui m’a tapé dans l’œil ce mois-ci, et ce pour son sujet plus que d’actualité dont on parle pourtant si peu : la charge mentale. Cette charge dont on parle essentiellement pour les mères de famille, mais qui, de mon expérience peut s’attribuer à n’importe quelle femme qui prend en charge des membres de sa famille, même ses parents. La charge mentale, c’est ce si petit poids que les gens qui vous aiment et que vous aimez font pourtant poser sur vous, un poids léger certes, mais qui devient harassant sur la longueur, parce qu’on ne peut jamais sans soulager. Ce sont ces insignifiants « on mange quoi ce soir? où sont mes clés de voiture? T’as pas vu mon tee-shirt? » qui nous tombe dessus à longueur de journée, comme si la femme était un programme de rangement, d’organisation et de cuisine attitré. Ces questions qui vous tombent sans cesse dessus même quand vous êtes au toilettes! Comme si la question fatidique d’acheter des farfale plutôt que des coquillettes vous incombent personnellement et ne peut attendre 5mn. Ça y est, je sais que les femmes voient de quoi je parle. Quant à vous messieurs, je sais que vous mettez le doigt dessus, juste là, vous réalisez que vous l’avez fait, harceler votre femme, fille, sœur jusqu’aux toilettes pour quelque chose qui, avouez-le, pouvez bien attendre qu’elle en sorte… Je ne m’étendrais pas plus dessus, il y a des tas d’article bien construit sur le sujet.

Le sujet de ce roman c’est la conséquence de cette dernière sur Sophie, 35 ans, 3 enfants, un époux aimant et aidant, qui malgré tout ne lui laisse pas 5 foutues minutes à elle, rien qu’à elle, toute seule, sans questions. C’est la raison pour laquelle Sophie explose, d’un coup, sans crier gare, le barrage saute et son entourage boit la tasse.

La construction de ce roman est intéressante puisqu’on alterne le point de vue de Sophie, celui de son concubin, et celui d’autres personnes de son entourage : meilleure amie, amoureux éconduit, collègue de travail, son fils aîné, etc. Pour autant, et quoique chaque personnage apporte un éclairage intéressant, j’ai trouvé que les « commentateurs » sont trop nombreux, j’aurais préféré 3/4 personnages maximum, car ce florilège m’a parfois donné une impression de longueur, alors que l’écriture de Caroline Boudet est pourtant fluide et agréable.

Le sujet est aussi l’occasion de pointer du doigt avec cynisme et humour les inégalités de notre société ultra-masculine : le « congé » maternité comme si le fait d’accoucher et de se lever toutes les deux-trois heures pour allaiter était une croisière qu’on s’offre pour ennuyer les membres de la société où on travaille, ou encore la façon dont les femmes d’une trentaine d’années, en âge de donner la vie, sont perçues par les employeurs.

Un roman résolument féministe donc, qui donnera peut-être envie aux lectrices qui en souffrent d’en discuter avec leurs compagnons afin qu’ils prennent conscience de cette ultra-dépendance dont ils peuvent se passer avec un peu de réflexion.

Note : 3,5/5

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