Bandes dessinées·Romans

Le sculpteur

Titre : Le sculpteur

Auteur – Illustrateur : Scott McCloud

Traducteur : Fanny Soubiran

La quatrième de couverture :

David Smith consacre sa vie à l’art – jusqu’à l’extrême. Grâce à un pacte avec le diable, le jeune artiste voit son rêve d’enfance réalisé : pouvoir sculpter tout ce qu’il souhaite, à mains nues. Mais ce pouvoir hors norme ne vient pas sans prix… il ne lui reste que 200 jours à vivre, pendant lesquels décider quoi créer d’inoubliable est loin d’être simple. D’autant que rencontrer l’amour de sa vie le 11e jour ne vient rien faciliter !

Mon avis : 

Je remercie chaleureusement la BD fait son festival organisé par Price Minister qui m’a offert cet ouvrage. 

J’ai toujours été fascinée par le mythe de Faust. À la fois irrésistible et cruelle, la pensée d’échanger sa vie contre son souhait le plus cher traverse probablement l’esprit de tout un chacun au moins une fois dans sa vie. La véritable question étant de savoir si cela en vaut vraiment le prix. Après tout, la vie est une succession de hauts et de bas, et on souhaite souvent à côté de ce qu’on veut réellement.

Néanmoins, je tiens à souligner que dans ce roman graphique, le héros ne fait pas un pacte avec le diable, comme le suggère la quatrième de couverture, mais avec la Mort. Il échange ici sa vie, contre son souhait le plus cher : réaliser l’Oeuvre qui le rendra célèbre. Pour cela, il a deux cents jours. Mais, rien ne va se passer comme il l’avait prévu. En effet, la Mort l’informe que son voeu sera réalisé, mais pas qu’il le sera facilement et sans douleur. Le récit se concentre donc sur les aléas que va affronter David Smith, jusqu’à ce qu’il soit réellement en paix avec lui-même, juste avant la chute finale.

Les émotions que Scott McCloud a voulu transmettre sont palpables. J’ai été totalement transportée tout au long de ma lecture. Souvent émue, quelquefois révoltée, surtout touchée par cette fin inévitable qu’on sent approcher et dont le compte à rebours lancé ne fait que nous rappeler l’inéluctable.

Si les sentiments des personnages sont si bien transmis au lecteur, c’est grâce au talent de narrateur de l’auteur, mais sans aucun doute aussi grâce à son talent de dessinateur. Sur fond bleuté, Scott McCloud développe une large palette d’émotions à travers ses personnages, du désespoir à la béatitude, tout est fidèlement rendu, et accentue l’empathie du lecteur pour les protagonistes du récit.

Mais ce récit est aussi un prétexte de l’auteur pour faire réfléchir son lectorat. La véritable question qui se pose ici n’est pas de savoir si cela vaut vraiment le coup de vendre son âme au diable, mais surtout de savoir et comprendre, ce qui fait qu’une oeuvre est considérée comme telle quand d’autres ne le sont pas. Est-ce le talent de l’artiste qui est sublimé ou est-ce sa célébrité, la taille de son porte-feuille ou la longueur de son bras ? Doit-on parler d’oeuvre parce qu’elle est approuvée par la critique spécialiste ou doit-on aller plus loin dans sa réflexion personnelle ? La qualité d’une oeuvre doit-elle se mesurer au temps de travail, à la réflexion de l’artiste, à la qualité du matériel utilisé ou tout est-il tout simplement subjectif, victime d’une mode et des on-dit ?

D’aucuns ont critiqué le travail de Scott McCloud le trouvant trop académique, trop dans la recherche ; il faut dire qu’il est célèbre pour avoir travaillé sur les codes de la bande dessinée, alors forcément il était attendu au tournant. Mais tous ces reproches me font sourire : les aurait-on faits à un illustre inconnu ? Pour ma part, j’ai trouvé ce roman graphique réussi : j’ai été émue quand il le fallait et je ne me suis pas perdue au détour d’une case en me demandant ce qu’il s’était passé.

À vrai dire, mes seuls reproches concernent la fin du récit. En effet, tout d’abord la narration saute brutalement du fantastique à un dérivé de science-fiction bâclé et déroutant, puis j’aurais été plus séduite si Scott McCloud avait gardé sous silence la dernière oeuvre de David. Ce sont vraiment les seuls gros défauts que je trouve à ce roman graphique.

Note : 3.25/5 soit 13/20

 





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