Romans

Titus n’aimait pas Bérénice

Titre : Titus n’aimait pas Bérénice

Auteur : Nathalie Azoulai

La quatrième de couverture :

Titus n’aimait pas Bérénice alors que Bérénice pensait qu’il l’aimait. Titus n’aimait pas Bérénice alors que tout le monde a toujours pensé qu’il n’avait pas le choix et qu’il la quittait contre sa propre volonté. Titus est empereur de Rome, Bérénice, reine de Palestine. Ils vivent et s’aiment au 1er siècle après Jésus-Christ. Racine, entre autres, raconte leur histoire au XVIIe siècle. Mais cette histoire est actuelle : Titus quitte Bérénice dans un café. Dans les jours qui suivent, Bérénice décide de revenir à la source, de lire tout Racine, de chercher à comprendre ce qu’il a été, un janséniste, un bourgeois, un courtisan. Comment un homme comme lui a-t-il pu écrire une histoire comme ça ? Entre Port-Royal et Versailles, Racine devient le partenaire d’une convalescence où affleure la seule vérité qui vaille : si Titus la quitte, c’est qu’il ne l’aime pas comme elle l’aime. Mais c’est très long et très compliqué d’en arriver à une conclusion aussi simple.

Mon avis :

Quand j’ai lu la liste des romans du Goncourt, celui-ci m’est resté en mémoire, je me répétais cette phrase et elle avait une sonorité si particulière que découvrir l’histoire qui se cachait derrière devenait une obsession. Mais une fois le livre en main, après avoir lu la quatrième de couverture, je me suis dit alors c’est ça, tout simplement, l’histoire d’une femme délaissée et qui pleure sur son amour perdu ? J’en aurai presque perdu l’envie de lire le roman, mais la curiosité était là et la petite phrase aussi, comme un mantra qui ne me quittait pas. Décidément, je devais en finir avec elle et donc, avec ce livre. Pour cela une seule solution : le lire.

J’ai rapidement été soulagée en découvrant que l’héroïne, même à terre, restait combative, même au fond du trou, elle cherchait une corde pour remonter. Puis, je me suis laissée entraîner sans trop savoir où par l’écriture envoûtante de Nathalie Azoulai et avant que je m’en rende compte j’étais accro à ce roman. Parce que ce n’est pas l’histoire d’une femme délaissée, cela c’est juste le prétexte de l’auteur pour parler de quelqu’un de tellement plus grand : Racine. L’histoire de nos Titus et Bérénice modernes se résume à quelques chapitres au début, au milieu et à la fin du roman. Tout le reste, ce n’est que Racine, car la question au centre de ce roman est de savoir comment un homme, qui plus est un janséniste, a-t-il pu décrire avec autant de précision et de vérité, quelque chose d’aussi complexe que la passion amoureuse et ses affres ?

Pour repousser la mélancolie, Bérénice se plonge corps et âme dans la vie de Racine, elle cherche, comme un écho, une réponse à sa douleur, quatre siècles plus tôt. Peut-être parce qu’à cette époque aimer était tabou. Il fallait se contenter de mariage de convenance, de relations de convenances, tout devait convenir alors que l’amour, la passion amoureuse ne conviennent pas, elles s’imposent comme une vérité générale et indéniable. Et que fait Titus après tout si ce n’est refuser l’amour pour la convenance ? Bérénice s’oublie, le lecteur l’oublie et la vie de Racine s’écoule. La meilleure façon de tenir à distance le chagrin ? Se trouver une occupation dévorante. Bérénice à la vie de Racine à étudier, à comprendre ; Racine a le théâtre, la poésie, l’écriture, et plus que le reste l’amour des mots et de la langue. Mieux que personne, il sait que la sonorité d’une phrase a autant d’impact sur l’auditoire que le sens.

Cela Nathalie Azoulai l’a compris. Quand j’ai terminé, à regret, ce roman, il était parsemé de notes et de post-it pour marquer les plus beaux passages. Ceux qui, une fois murmurés, laisse une empreinte plus subtile et tenace, que ceux sur lesquels les yeux se sont contentés de glisser.

Je n’ai pas osé les laisser en place quand je suis allée faire dédicacer ce roman, pudeur de lecteur, pas plus que j’ai trouvé les mots pour dire à Nathalie Azoulai combien ce livre était beau dans le fond et dans la forme. Mea culpa, quelque soit son âge je crois qu’on se sent toujours enfants devant les personnes talentueuses.

Note : 5/5

5

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