Romans

La ballade de l’impossible

Titre : La ballade de l’impossible

Auteur : Haruki Murakami

Traducteur : Rose-Marie Makino-Fayolle

Ma quatrième de couverture :

L’avion de Watanabe vient d’atterrir. Alors qu’il laisse son esprit vagabonder à travers le hublot, une chanson le transporte 20 ans plus tôt, quand âgé de 17 ans il perdit son meilleur ami. L’occasion pour lui de revenir sur la difficulté de devenir adulte…

Mon avis :

Quand j’ai un peu le spleen et que j’ai envie de poésie, je sais que je peux toujours compter sur Haruki Murakami pour me permettre de conserver dans le cœur cet état instable perdu entre le chagrin et l’onirisme.

Je choisis alors un de ces livres avec la conviction profonde que ce n’est que comme ça que je pourrais parfaitement le saisir et le laisser me transporter dans ce monde qui lui est propre. C’est un peu comme une porte dérobée qu’on ne pourrait voir qu’à un instant précis à la faveur d’un rayon de lune. Celui qui ne la pas vue passe à côté du livre, quand celui qui la traverse embarque pour un étrange voyage.

Devenir adulte, ça peut paraître simple, et beaucoup de personnes pensent l’être. Mais ça ne passe pas seulement par le sens des responsabilités ou le fait de devenir parent. Tout comme Watanabe, notre héros, je pense sincèrement que c’est un apprentissage plus complexe dans lequel on doit accepter que l’on change, que la mort est partie intégrante de la vie, que tout passe et s’atténue, même les sentiments les plus violents… Il lui faudra pourtant passer par de terribles épreuves pour que cela se présente comme une évidence.

Entre la poésie et l’ironie, notre jeune héros apprend à se construire au gré des rencontres et des expériences. Parfois violente, parfois tendre, la narration traduit à merveille les turpitudes de la fin de l’adolescence. Ce moment délicat où on se rend bien compte que l’on doit avancer coûte que coûte, mais qu’une part de nous continue à rechercher l’insouciance perdue de l’enfance. Avec beaucoup de douceur, Haruki Murakami décrit les ravages de la dépression, sans jamais la citer, sur ceux qui en souffrent et sur ceux qui les entourent.

À la lecture ce roman peut paraître plutôt sombre, surtout à ceux qui ont traversé une adolescence douce et sans heurts. Pour ma part, j’ai trouvé qu’il avait le ton juste : entre rire et larme. J’ai particulièrement aimé le personnage de Midori, car malgré tout les coups qu’elle a eu à encaisser, elle a décidé de se battre et de garder le sourire. Elle m’a fait penser à une citation d’Ingrid Desjours : « On dit que les plus beaux sourires cachent les plus grandes douleurs. Si c’est vrai, elle a dû déguster ». Pour ajouter à cette ambiance, Murakami a glissé un fil musical et un fil littéraire dans le récit, car n’est-ce pas à cette période de notre vie que nos goûts en matière d’art se développent ? Je trouve que ces fils en disent beaucoup sur notre héros et sur sa personnalité.

C’est pourquoi je tiens à terminer cette chronique avec la chanson des Beatles avec laquelle le récit commence et s’achève : Norwegian Wood.

Note :

4

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6 réflexions au sujet de « La ballade de l’impossible »

    1. Il a un univers bien à lui -comme la majeure partie des écrivains japonais- qui fait que soit on aime, soit on déteste. C’est donc encore plus intéressant de le découvrir pour se faire sa propre opinion. 🙂

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