Bandes dessinées

Nous étions les ennemis

  • Titre : Nous étions les ennemis
  • Scénariste : Steven Scott et Justin Eisenger
  • Dessinateur : Harmony Becker
  • Auteur : George Takei

Alors que les familles des États-Unis s’apprêtent à fêter Noël, une terrible nouvelle tombe à la radio : l’attaque surprise du Japon à Pearl Harbor. Le lendemain, le 8 décembre, l’Amérique entre dans la Seconde Guerre mondiale. Rapidement, le président Roosevelt signe un décret accordant aux commandants militaires le pouvoir d’arrêter et d’incarcérer « certaines personnes, voire toutes » d’origine japonaise, craignant la présence d’un ennemi de l’intérieur. La famille de George est américano-japonaise. Si sa mère est née aux États-Unis, son père, lui, n’a pas pu obtenir la citoyenneté alors qu’il vivait dans le pays depuis cinquante ans. George Takei, âgé de 4 ans suit alors sa famille pour le Fort Rohwer, l’un des dix camps d’internement établis par ordre du président. Nous étions les ennemis permet de mieux comprendre le parcours de cet acteur de la série originale Star Trek. Il associe l’esprit d’aventure de son personnage de fiction à l’histoire de ses parents qui se demandaient comment survivre et prospérer dans un pays où ils étaient littéralement qualifiés d’extraterrestres.

Mon avis :

En bonne fan de Star Trek, je ne pouvais pas passer à côté de cette bande-dessinée dans laquelle George Takei relate son enfance et son adolescence dans des camps.

Il est coutume de dire que l’Histoire appartient aux vainqueurs et que c’est eux qui la dictent. Rien n’est moins vrai avec les pays occidentaux. Nous avons une facheuse tendance à pointer du doigt dans une direction en oubliant que nous en avons fait autant. Ainsi à l’heure où l’Allemagne nazi construisait des camps de concentration où enfermer les juifs et les personnes du voyage, la France construisait des camps pour enfermer les immigrés espagnols et italiens et les Etats-Unis, des camps pour enfermer les personnes d’origine japonaise. Ces moments de l’Histoire qu’on voudrait oublier, il est bon de les remettre sur le devant de la scène afin de ne pas oublier et de ne pas reproduire les erreurs du passé.

Avec une certaine tendresse, George Takei revient donc sur son enfance et sur la façon dont ses parents se sont employés à préserver son innocence et celle de son frère quoiqu’il en coûte. Plus que ses propres souvenirs, ils racontent ceux que son père lui a transmis durant leurs conversations et explique comment les paroles de ce dernier ont forgé l’homme qu’il est devenu.

L’exercice est difficile, car on sent bien qu’il n’y a derrière cette bande-dessinée aucune volonté de nuire, celle juste de raconter un événement vu du côté des opprimés et non de celui des oppresseurs. Difficile aussi, car les aller-retour entre passé et présent ne sont pas toujours judicieux, selon moi un récit chronologique aurait été plus efficace. Les quelques répétitions parsémés ici et là agacent et ne permettent pas vraiment au lecteur de s’impliquer dans le texte comme cela aurait été nécessaire avec un récit d’une telle portée.

Le dessin rond tout en niveau de gris donne un bel aspect à l’ouvrage et rend la lecture agréable et fluide, mais manque de mouvement et de profondeur.

En bref, une biographie dessinée intéressante d’un point de vue historique, mais qui passe en partie à côté du message essentiel que George Takei s’emploi pourtant à transmettre depuis des décennies.

Mon ressenti : 2,5/5

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