Romans

Celle que je suis

  • Titre : Celle que je suis
  • Auteure : Anne Loyer

Anoki est une jeune fille indienne de 16 ans, brillante et bien décidée à poursuivre ses études à l’université. Alors que jusqu’à présent ses parents l’ont toujours encouragée à bien travailler à l’école, elle va se rendre compte que ce qui est vrai pour ses frères – étudier pour décrocher un bon poste – ne l’est pas pour elle. Bien étudier doit avant tout lui permettre d’obtenir un bon mari.

Cette révélation va provoquer un tsunami, en elle et au sein de sa famille. Sa prise de conscience et son désir d’émancipation, contrés par le poids des traditions patriarcales et l’amour qu’elle porte à ses parents, vont l’obliger à choisir son futur. Une décision difficile, douloureuse, portée par une détermination grandissante, son amour pour un jeune homme qu’elle a elle-même choisi, et l’aide de son frère, étudiant à l’étranger.

Mon avis :

L’histoire de Anoki est de celle qui vous saisit au creux du ventre, y laissant l’empreinte d’une étreinte violente qui vous remue le cœur. Et en même temps, c’est aussi un espoir, celui de voir des femmes que tout prépare à une sage soumission – qu’on me pardonne le mot, mais c’est celui que je choisis – se battre pour s’émanciper et acquérir une liberté tant rêvée et chérie.

Loin de porter un jugement dépourvus d’arguments sur une culture orientale où le patriarcat de tradition est encore bien ancré, Anne Loyer prend le temps de développer des personnages profonds et complexes qui, bien que parfois révulsant, tentent juste de trouver leur place dans un monde en plein changement, coincés entre la peur de l’inconnu et les convictions installées par une longue histoire culturelle.

Ce récit est l’occasion d’alerter le lecteur sur les crises qui agitent l’Inde : un pays en voie de développement où se côtoient des castes pauvres et peu instruites et des castes riches occidentalisées qui voient les traditions d’un œil neuf. Un pays où les droits de l’Homme sont sans cesse bafoués par la tradition, une tradition responsable du meurtre de milliers d’enfants de sexe féminin soit à leur naissance (pour des raisons financières : une fille cela signifie une dot à fournir), soit dans l’enfance via des mariages arrangés qui ne tiennent pas souvent, pour ainsi dire jamais de la différence d’âge (incroyable pédophilie de tradition…). Bien sûr les hommes ne sont pas en reste, et sont eux aussi bien souvent victimes de mariage arrangés dont ils ne veulent pas. Néanmoins, la religion les met sur un tel pied d’estale qu’ils souffrent bien moins de ces situations…

Le choix de cette thématique est original de la part d’une auteure française, cependant le droit des femmes étant sans cesse remis en question même dans les pays les plus démocratiques et « civilisés », il est toujours bon de se remémorer les combats de nos aïeules et de nos contemporaines pour acquérir une égalité encore trop lointaine.

Anoki est un exemple à suivre, un étonnant et superbe flambeau, aussi lumineux que le roman dont elle est issue.

Un roman à mettre entre toutes les mains, car il n’appartient pas seulement aux femmes de faire bouger les lignes, mais aussi aux hommes de demain, puis la couverture est si belle qu’il ne peut qu’attirer le regard.

Mon ressenti : 4,75/5

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