Romans

Le bureau des jardins et des étangs

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Merci aux éditions Stock et à Netgalley pour ce merveilleux voyage.

Titre : Le bureau des jardins et des étangs

Auteur : Didier Decoin

La quatrième de couverture :

Empire du Japon, époque Heian, XIIe siècle. Être le meilleur pêcheur de carpes, fournisseur des étangs sacrés de la cité impériale, n’empêche pas Katsuro de se noyer. C’est alors à sa jeune veuve, Miyuki, de le remplacer pour porter jusqu’à la capitale les carpes arrachées aux remous de la rivière Kusagawa.
Chaussée de sandales de paille, courbée sous la palanche à laquelle sont suspendus ses viviers à poissons, riche seulement de quelques poignées de riz, Miyuki entreprend un périple de plusieurs centaines de kilomètres à travers forêts et montagnes, passant de temple en maison de rendez-vous, affrontant les orages et les séismes, les attaques de brigands et les trahisons de ses compagnons de route, la cruauté des maquerelles et la fureur des kappa, monstres aquatiques qui jaillissent de l’eau pour dévorer les entrailles des voyageurs. Mais la mémoire des heures éblouissantes vécues avec l’homme qu’elle a tant aimé, et dont elle est certaine qu’il chemine à ses côtés, donnera à Miyuki le pouvoir de surmonter les tribulations les plus insolites, et de rendre tout son prestige au vieux maître du Bureau des Jardins et des Étangs.

Mon avis :

J’ai un peu beaucoup peiné à télécharger ce titre sur mon kindle. Je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois que je faisais une tentative sur Netgalley, il ne se passait rien su mon kindle. Entre mes révisions, mon déménagement et tout le reste, je l’avais oublié jusqu’à ce que miracle! – le titre s’est téléchargé! Je l’ai dévoré en une semaine!

Quelle chance! Ce titre poétique et pourtant très simple à lire est tombé à point nommé. J’avais envie de littérature adulte et en même temps avec la fatigue pas facile d’attaquer un titre trop compliqué.

Le bureau des jardins et des étangs a donc été la lecture idéale, car le scénario est en lui-même assez simple et ne présente pas un intérêt immense pour le lecteur. Bien sûr, on a envie de voir Miyuki atteindre la capitale avec toutes ses carpes, mais le plaisir de cette lecture est ailleurs.

Tout d’abord, dans le style de Didier Decoin : une écriture simple et enlevée qui nous emporte dans l’ère Heian sans fioritures et pourtant avec poésie et douceur.

Ensuite, dans la fraîcheur du personnage principal, car Miyuki est d’une authenticité à toute épreuve. Son caractère simple et naturel marque une véritable rupture avec les autres personnages du roman, issus du milieu urbain, ils ont une vision du monde totalement différente de la naïve jeune femme. En effet, cette dernière n’avait encore jamais quitté son petit village de pécheur. Un village appartenant à une des strates de la société japonaise la plus pauvre à l’époque Heian. Miyuki a donc une vision du monde très pragmatique et réaliste : elle se soucie des choses importantes (se nourrir, se chauffer, protéger et entretenir son gagne-pain), mais elle est totalement désintéressée de ce qui ne se rapporte pas à sa survie directe (sa tenue, son odeur, la politique…).

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur utilise son personnage principal pour instruire le lecteur sur le Japon du XIIe siècle. Non seulement, on en apprend beaucoup sur les mœurs, la culture et le mode de vie des différentes strates de la société, mais on s’instruit aussi beaucoup sur la politique menée durant cette ère : la vision centraliste du Japon qui perdurera encore longtemps, l’échec du système monétaire remplacé par le troc, l’inconséquence des empereurs qui ne connaissent rien de la vie réelle. Ce dernier point m’a remémoré une scène d’un animé que j’avais beaucoup aimé où l’empereur en fuite avec son garde du corps ressent pour la première fois la sensation de faim alors qu’il est âgé de 12 ou 13 ans!

Pour couronner cette superbe lecture très bien documentée, l’auteur réserve au lecteur une fin surprenante et inattendue. J’avoue que j’ai été très surprise tout en trouvant que cela ne pouvait finalement mieux finir pour Miyuki.

En conclusion, une belle lecture que je conseille aux amoureux du Japon et à ceux qui veulent s’instruire sur l’époque Heian tout en évitant la lourdeur d’un livre d’Histoire.

Note : 3,75/5

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