Romans

Le garçon

LeVieuxJardinAW+

Merci aux éditions Zulma et à Price Minister grâce auxquels j’ai pu découvrir ce superbe récit.

Titre : Le garçon

Auteur : Marcus Malte

La quatrième de couverture :

Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct.
Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, à la fois sœur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation.
Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubresauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde.

Mon avis :

Près de 600 pages, un véritable pavé, voilà ce que Le garçon donne à voir en premier lieu. Pourtant, Marcus Malte réussit là le défi d’embarquer le lecteur, non dans un roman, mais dans une véritable épopée à mi-chemin du roman initiatique et du roman historique. Et comme si cela n’était pas suffisant pour donner des sueurs froides à Homère, le héros de cette formidable aventure est muet ! Tout le récit est alors un jeu de perception où les dialogues n’ont plus qu’un rôle secondaire afin de laisser toute la place aux sentiments.

C’est un peu étrange, mais quand je veux un lire un livre singulier je me tourne souvent vers les éditions Zulma. À chaque fois, je suis transportée. La lecture de la quatrième de couverture de ce roman avait donc presque des allures de formalité, mais une citation, agréablement bien choisie, m’a complètement happée. Après cela, il a fallu attendre avec impatience le facteur, puis découvrir avec surprise que le roman qui m’avait séduite était relativement imposant. Au diable mon emploi du temps, mes autres lectures et le travail qui s’entasse, il me fallait y goûter. Oui, y goûter, parce que l’écriture de Marcus Malte s’est révélée être une véritable gourmandise pour l’esprit. J’en aurais presque fait des excès si cette maudite pendule ne m’avait sans cesse détournée vers d’autres occupations bien plus terre-à-terre.

Il fallait au moins ce talent pour raconter la vie du Garçon et sa découverte de la civilisation, ô combien belle et terrible à la fois. Il fallait de la poésie et de la patience pour raconter ce que les mots ne peuvent dire. Le challenge est complet. Marcus Malte a marqué tous les points, passé tous les niveaux et à l’heure où j’écris ces mots, obtenu le prix Fémina. Une récompense bien méritée.

Cela pourrait s’arrêter là, mais soyons honnête on ne tient pas un lecteur 600 pages avec une belle plume et un garçon qui ne parle pas. Du moins, pas en parlant de la même chose, et c’est là le miel de ce roman ; je vous parlais d’épopée, en voici la substance. Tout au long du récit, l’auteur joue sur son écriture, parfois tendre et onirique, parfois brutale et sèche pour faire évoluer la narration à l’image des émotions qui traversent son héros. Il ne parle peut-être pas, mais le rythme et le registre de langue du texte le font pour lui.

Difficile d’en dire plus alors pour vous parler de ce roman sans nuire à la découverte. Sachez juste que cela parle d’innocence perdue, d’amitié, de voyages, d’amour, de rêve et de combats. Bref de la vie, et que c’est si bien écrit qu’il serait navrant de passer à côté.

Note : 5/5

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