Manga·Rendez-vous

Mardi sur son 31 #6

Mardi sur son 31

Le principe de mardi sur son 31 est simple. Tous les mardis, il suffit d’ouvrir sa lecture en cours à la page 31 et de choisir une citation à partager avec la blogosphère. Il peut y avoir des tas de raisons à ce choix. Le tout c’est de parler un peu de sa lecture du moment et d’en donner ses premières impressions voire plus.

Comme j’aime beaucoup ce rendez-vous, mais que je n’ai pas le temps de le suivre toutes les semaines, j’ai décidé de le recycler pour vous présenter des titres que je ne chroniquerai pas faute de temps ou d’inspiration. 😉

Pour ce sixième rendez-vous, j’ai décidé de vous parler un peu d’une saga : Ze de Yuki Shimizu. J’ai commencé cette saga dès sa sortie, c’est à dire en 2010 si je ne m’abuse. À cette époque, je ne tenais pas encore un véritable blog, c’est pourquoi je n’ai jamais chroniqué ce manga. Dernièrement, j’ai acheté le dernier tome de la saga, et à cette occasion je l’ai relue. Je trouvais un peu dommage de ne pas écrire de critique à ce sujet donc voici un mardi sur son 31 un peu spécial. 🙂

C’est avec plaisir que j’aurai partagé avec vous une citation issue de la page 31, mais cette page ne contient que deux bulles et franchement, ce ne sont pas les meilleures… Ah ah ! À la place, je préfère partager avec vous un extrait qui résume mieux l’essence de ce manga :

_Tu sais ce qu’est un miracle ? _C’est quelque chose qui ne se produit jamais. _Non Waki. Je crois que c’est quelque chose qui arrive de temps en temps.

Mais commençons par le début :

Ze est un récit fantastique et yaoi mettant en scène des maîtres Kotodama et leurs Kami. Un maître Kotodama est une personne ayant le pouvoir de maudire par les mots. Autrement dit, toutes les malédictions qu’il lance à voix haute se réalisent. Mais ce pouvoir n’est pas sans contrepartie. Pour chaque malédiction lancée, une blessure plus ou moins importante est infligée au lanceur. Pour éviter cela, la famille Mitô (une des détentrices de ce pouvoir) s’offre les services d’un dénommé Waki. Ce dernier est un marionnettiste capable de créer des poupées de papier (Kami) à l’effigie d’êtres humains disparus. Ces poupées ont toutes les caractéristiques d’un homme normal si ce n’est que leur cœur ne bât pas. Pour autant elles ont des sentiments et sont douées de paroles, etc. En bref, chaque maître possède un kami qui endosse les blessures à sa place. Ces kami doivent être du même sexe que leur propriétaire (ne demandez pas pourquoi, c’est un yaoi) et peuvent endosser les blessures de deux façons : soit par invocation, soit par contact de muqueuses. Je vous laisse imaginer quelle est la solution que choisissent la plupart des personnages du livre.

Voilà pour le topo. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, quand je me suis lancée dans la relecture de cette histoire, je me suis demandé ce que j’avais bien pu trouver à ce manga. J’apprécie le yaoi, mais franchement, pas quand chaque scène est prétexte à une partie de jambes en l’air. Je me suis même clairement demandé ce que j’avais pu lui trouver il y a 6 ans, et j’ai soupçonné ne l’avoir acheté que parce que c’était de Yuki Shimizu. J’étais même prête à les vendre, c’est dire ! Puis, je me suis dit que tant qu’à faire autant les relire tous d’abord.

Cela m’a permis de me souvenir pourquoi j’avais acheté cette saga : il y a une vraie histoire derrière, et elle pose pas mal de questions intéressantes. L’existence des kami permet de se questionner sur ce qui fait de nous des humains et des êtres vivants doués de sensibilité. Sous prétexte qu’ils ne sont que des poupées de papier et qu’ils ne souffrent pas physiquement comme nous, doit-on les considérer comme de simples objets, comme des jouets ? Doit-on ignorer leurs souhaits, leurs aspirations ? L’auteur pose aussi la question de la punition d’un meurtrier. Vaut-il mieux qu’un homme meure pour ses crimes ou qu’il vive pour se racheter tout en portant le poids de sa culpabilité ? Peut-on vraiment changer ?

Pas mal de questions intéressantes donc, et d’actualité. Avec les avancées de la technologie, nous serons un jour probablement confronté à des IA très semblables à nous, et à ce moment-là je suis sûre que la question de leur humanité se posera. Même chose pour le meurtre et la condamnation à mort, c’est une question qui revient régulièrement sur le tapis avec les guerres et les pays qui pratiquent encore la peine de mort.

Mais que je rassure les fans de yaoi : il y a aussi beaucoup d’histoires d’amour et d’amitié dans ce manga. C’est même grâce à elle que l’auteur peut aborder des sujets un plus graves qui pourront ensuite faire réfléchir le lecteur.

Avec le recul, même si ce n’est pas le meilleur manga que j’aie dans ma bibliothèque, je suis contente de l’avoir, car de tome en tome le sexe prend moins de place pour pouvoir laisser plus de liberté à la profondeur des personnages. Alors bien sûr Yuki Shimizu n’est pas la scénariste de l’année, mais je trouve que pour le type de manga qu’on lui demandait, elle s’est quand même bien débrouillée pour sortir quelque chose de plus original qu’un yaoi lambda.

Si on fait l’impasse sur les scènes olé olé, Ze est un bon manga avec une histoire vraiment prenante et des personnages attachants – mention spéciale à Waki (oui, je sais, c’est le « méchant ») – et un peu tordus (en même temps avec leur passif). Les dessins sont typiques du genre, mais Yuki Shimizu se démarque en cassant le mythe de la différence de taille en seme et uke, autant que par l’évolution des relations entre personnages.

En résumé, si vous êtes un(e) amateur(rice) du genre, je vous le conseille, à vous de voir si vous faites des impasses ou pas. Par contre, ce n’est pas ce que je conseillerai comme premier yaoi, donc je le déconseille aux non-connaisseurs et à ceux qui pourraient être rebuté par des relations homosexuelles. 😉

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3 réflexions au sujet de « Mardi sur son 31 #6 »

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