Romans

Ma mère, le crabe et moi

Titre : Ma mère, le crabe et moi

Auteur : Anne Percin

La quatrième de couverture :

La mère de Tania est atteinte d’un cancer du sein. Pendant les six mois du traitement, mère et fille vont partager le pire, mais aussi avoir bientôt un attitude positive de combattantes.

Mon avis :

Un livre sur le cancer, ce n’est pas vraiment ce qu’on a envie de lire pendant les vacances de Noël. Et pourtant, celui-là se détache tellement du lot que je vous le conseille quand même.

Alors, vous vous dites que je suis devenue sadique. Que Nenni ! Qui peut de nos jours dire qu’il ne connaît personne dans son entourage ayant été victime de cette maladie ? Vous me trouverez peut-être pessimiste, mais je pense sincèrement que la réponse est personne. Oui, personne, alors ce sujet déjà si difficile à aborder pour les adultes, Anne Percin l’aborde pour les jeunes adolescents et avec quel talent !

Tania n’est qu’une enfant. La dernière née d’un mariage qui est partie à vau-l’eau. Elle vit seule avec sa mère qui s’occupe de personnes âgées. Elle n’aime certes pas sa belle-mère, mais elle n’est pas malheureuse. Elle a ses amis, ses parents, tout ce qui est nécessaire à son bien-être. Jusque-là rien de bien extraordinaire. Puis, un jour sa mère doit passer des examens médicaux, rien de bien alarmant, mais elle est soucieuse et Tania le voit, le sent. Pour la première fois, elle va sortir de son petit monde bien régi pour mettre un pied dans celui des adultes. Ce qu’elle va y découvrir n’est pas joli joli, mais elle sent fout. Elle aime sa mère et pour cela, elle va se battre avec elle, grandir puisqu’il le faut, accepter de changer puisqu’autour d’elle tout change.

J’ai trouvé ce récit particulièrement touchant et émouvant, parce qu’il n’a rien de mielleux et qu’il se moque de la censure. Tania raconte tout : le pire et le meilleur avec un humour noir décapant. Elle rappelle à tout le monde, qu’on existe dans le regard des autres qu’on le veuille ou non, mais qu’on est aussi les dépositaires de ce regard. Celui qui se promène avec une crête verte sur la tête devra certes essuyer le regard des passants, mais s’il s’aime comme cela, il imposera le respect à la plupart et dédaignera les autres.

Plutôt que de s’apitoyer sur leurs sorts, ensemble elles décident de faire de cette souffrance un moteur pour la transcender, la dépasser. Avec sa maladresse d’adolescente, Tania montre à sa mère qu’elle n’est pas seule, que ce qui l’effraie tant, elles le vaincront à deux. Il y a ce passage tellement fort et tellement vrai qui m’a ému aux larmes, parce qu’il est si juste que je serai presque tentée de vous le retranscrire, mais je préfère encore que vous tombiez dessus, que vous puissiez sentir ce petit grain de folie qui peut s’emparer d’un humain pour prouver à un de ses semblables que tout va bien.

Ce livre est une magnifique leçon de vie, un petit bijou qui se dévore en une heure, pour faire rire et pleurer en même temps.

Note : 5/5

5

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4 réflexions au sujet de « Ma mère, le crabe et moi »

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