Romans

Le Silmarillion

Titre : Le Silmarillion

Auteur : J. R. R. Tolkien

Traducteur : Pierre Alien

La quatrième de couverture :

Les Premiers Jours du Monde étaient à peine passés quand Fëanor, le plus doué des Elfes, créa les trois Silmarils. Ces bijoux renfermaient la Lumière des Deux Arbres de Valinor. Morgoth, le premier Prince de la Nuit, était encore sur la Terre du Milieu, et il fut fâché d’apprendre que la Lumière allait se perpétuer. Alors il enleva les Silmarils, les fit sertir dans son diadème et garder dans la forteresse d’Angband. Les Elfes prirent les armes pour reprendre les joyaux et ce fut la première de toutes les guerres. Longtemps, longtemps après, lors de la Guerre de l’Anneau, Elrond et Galadriel en parlaient encore.

Mon avis :

Jusque-là je n’avais lu que quelques passages épars du Silmarillion au grès de mes pérégrinations, chez des amis. Prise de fol espoir, je dois avouer que j’attendais une nouvelle édition corrigée et améliorée pour l’acheter une bonne fois pour toutes, mais comme elle ne semble pas prête d’arriver… Heureusement, toutes les erreurs de traductions et les coquilles du monde ne parviennent pas à gâcher tout le talent de Tolkien. Et il y en a : rien que dans la quatrième : pour information, Elrond n’était pas né lors de la première guerre… Hors ici, il est sous-entendus qu’il s’en souvenait avec Galadriel…

Pour autant, ce n’est pas évident de critiquer aussi objectivement que possible une oeuvre dont on est fan et qui a été éditée à titre posthume à partir de fragments de textes retravaillés par Christopher Tolkien pour obtenir des histoires homogènes et aussi complètes que possible. Alors plutôt que de critiquer le fond et la forme, comme je le fais habituellement, je vais me concentrer sur ce que le Silmarillion a d’intéressant et de différent de l’oeuvre publiée lors du vivant de l’auteur (Bilbo, Le seigneur des anneaux etc.).

Tout d’abord, j’ai lu bien souvent que le Silmarillion n’était pas très facile d’accès, car beaucoup plus littéraire que les titres les plus célèbres de l’auteur. Je vous le dis tout de suite : c’est absolument faux. La difficulté de ce titre, si difficulté il y a, provient du fait que ce n’est tout simplement pas un roman au sens propre du terme. Il faut lire le Silmarillion comme on lit un livre d’histoire antique romancé. C’est à dire comme des fragments de textes et de légendes qui auraient traversé le temps jusqu’à nous, mais dont on n’est pas absolument sur de l’entière véracité, un peu comme l’histoire de Merlin et du roi Arthur. On sait pertinemment que les légendes (à la différence des contes) sont basées sur un fond de vérité qui, au fil du bouche à oreille et de l’imagination des gens, s’est modifié pour acquérir un aspect merveilleux. Il en va de même pour le Silmarillion. Pour le lire avec plaisir, il faut imaginer une tripoté d’historiens qui ont retrouvé des fragments de textes ici ou là, sur différents matériaux et datant de différentes époques et qui se sont efforcés à partir de cette base un peu bancale d’établir comme faits des événements relatés par plusieurs sources de façon plus ou moins différente. Comme l’ensemble leur aurait paru un peu brut pour être transmis facilement au peuple, ils ont romancé l’Histoire pour lui donner la forme d’une épopée.

Une fois qu’on part sur cette base, cet ouvrage ne représente pas plus de difficulté que n’importe quel autre roman historique. Les erreurs de date, de lieu ou de nom deviennent donc de simples variables liées à l’époque où le texte aura été rédigé et à la personne qui l’aura écrit.

Ensuite, il faut garder à l’esprit que le Silmarillion n’est pas, au regard du monde imaginé par Tolkien, un simple recueil de légendes. C’est en quelque sorte, l’Ancien Testament de la Terre du Milieu : LE livre qui raconte la Genèse du monde et qui annonce sa fin un jour prochain. Le premier chapitre est donc un peu abrupt au premier abord, les noms des Ainur se mélangeant et le lien avec les Valar mettant un peu de temps à se mettre en place.

C’est la raison essentielle, à vrai dire, pour laquelle je déconseille la lecture du Silmarillion avant celle du Seigneur des Anneaux. Je pense sincèrement que pour aimer ce livre, il faut d’abord aimer l’univers de Tolkien, sans quoi, je ne pense pas que toute la Génèse est un réel intérêt. Alors quitte à ne pas faire les choses dans l’ordre, je conseille d’abord aux gens de lire Bilbo, puis Le seigneur des anneaux, puis Les enfants de Hùrin, et c’est seulement si leur intérêt pour l’univers se maintient que je conseillerais Le Silmarillion en parallèle des Contes et Légendes inachevés. Pourquoi en parallèle me direz-vous ? Parce que j’ai eu l’occasion de lire des fragments de deux avant de les acheter et que j’ai finalement choisi de les lire dans l’ordre chronologique (en passant d’un livre à l’autre) et je trouve que cette méthode apporte un éclairage très intéressant sur les modifications apportées par Tolkien sur son oeuvre au fil des ans, mais aussi sur le déroulement de l’histoire.

En résumé, si vous aimez vraiment l’univers de Tolkien, lisez Le Silmarillion, car il complète vraiment les autres ouvrages de l’auteur. Par contre, si vous avez aimé sans plus le célèbre Seigneur des Anneaux, passez votre chemin. 😉

Note : 4.5/5 *j’attends une nouvelle édition sans fautes pour le coup de coeur*

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