Manga

Zéro pour l’éternité – tome 1

Titre : Zéro pour l’éternité – Tome 1

Scénariste : Naoki Hyakuta

Dessinateur : Souichi Sumoto

Traducteur : Tetsuya Yano

Résumé : 

Kentarô Souki a 26 ans. À la suite d’échecs amoureux et professionnels, il a peu à peu perdu la volonté d’avancer. Mais sa jeune sœur  Keiko, n’entend pas laisser les choses aller de cette façon. En tant qu’écrivaine, elle se pose de nombreuses questions sur la vie de leur grand-père biologique, décédé durant la Seconde Guerre mondiale, et dont ils viennent d’apprendre l’existence. Puisqu’elle n’a pas le temps de mener l’enquête elle-même, elle charge son frère aîné de s’en occuper.

Mon avis :

Ce premier tome est très prometteur, car il met en avant une part de l’Histoire japonaise passée sous silence depuis la défaite de l’Empire japonais, en 1945. Avec beaucoup de talent, Naoki Hyakuta met en scène le rapport compliqué et ambigu que les Japonais entretiennent avec ce passé, qu’ils essaient d’enterrer soit par honte, soit par fierté. Et surtout la réaction des jeunes générations libres et connectées qui, face à ce mur, cherchent pourtant à démêler le vrai du faux et à faire resurgir la vérité. Ces générations qui ne veulent plus se contenter de la version du vainqueur ou des miettes que leurs ancêtres ont consenti à leur laisser.

Le grand-père disparu en Kamikaze devient rapidement le prétexte à une enquête sur les moeurs et la société japonaise d’avant et pendant guerre. Il n’apparaît d’ailleurs dans ce volume que sporadiquement, à travers les yeux de Umeo Hasegawa qui se raconte. Umeo, ce vieil homme aigri et affaibli par une vie bien plus difficile que ce que les deux apprentis journalistes soupçonnaient.

La mise en scène de ce vieillard est d’ailleurs très réussie. La découpe des cases accentue la gravité de ce moment. La lenteur avec laquelle Souichi Sumoto alterne les plans illustre superbement la difficulté que Umeo éprouve à faire le récit de sa vie qui pourtant, preuve de son besoin de parler, englobe la majeure partie du volume. J’ai beaucoup apprécié ce choix de laisser la parole à un ancien combattant plutôt qu’à un historien. L’émotion qui se dégage est plus grande et le récit en sort beaucoup plus touchant.

Le trait de Souichi Sumoto est agréable et malgré sa rondeur, les personnages conservent une belle palette d’expressions, plus que nécessaire pour récit de ce genre. Les combats sont magnifiques et très bien rendus contrairement à ce à quoi je m’attendais au vu de la difficulté de mettre en forme un combat aérien.

Concernant les personnages, il est un peu difficile de se faire une opinion avec un seul tome, mais j’ai eu le sentiment que pour Kentarô, comme pour de nombreuses personnes nées au XXIe siècle, la recherche de ses origines et leur appréhension se révélait nécessaire pour choisir la route à suivre…

Petites informations :

  1. Jetez un coup d’oeil sous la jaquette ! ^^
  2. Les notes de fin sont très intéressantes. Lisez-les plutôt avant le tome.
  3. Il y a une coquille sur mon édition, mais je pense que cela a été corrigé sur la réédition alors privilégiez celle-là si genre de petites misères vous chagrinent. 😉
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s