Billetterie

Je l’aimais… Ou pas.

Des années qu’on me parle d’Anna Gavalda, « la Grande ».

Des années que je résiste à l’horrible tentation de me faire mouton en achetant un de ses livres.

Puis voilà l’été qui arrive avec son lot d’offres promotionnelles sensationnelles « 3 livres achetés, 1 offert ! ».

C’est ainsi que débute mon dilemme et sa conclusion peu glorieuse. Disons-le clairement : j’ai bien 3 livres qui m’intéressent dans la collection X, mais l’un d’eux est un des fameux livres offerts. Que faire ? S’écraser sous le poids du plus grand nombre qui crie, que dis-je, hurle : achète Anna Gavalda !

Après quelques minutes de réflexion et de lecture de 4e de couverture, je me décide pour Je l’aimais, un roman dont la taille est selon moi plus proche de la nouvelle, mais qui aura au moins le mérite de ne pas me faire perdre mon temps s’il n’est pas à mon goût.

Disons les choses comme elles sont, ce fut une mauvaise idée. Je dirais même une très mauvaise. Anna Gavalda aurait dû rester une sombre inconnue que j’aurais peut-être pu découvrir avec un meilleur roman, si tant est qu’il y en ait.

L’histoire est simple : une femme, que son mari vient de quitter, se retrouve avec ses deux enfants et son beau-père dans une vieille maison de campagne. Tout le roman tourne alors autour des confidences que va lui faire son beau-père sur sa propre vie amoureuse afin, je suppose, de lui remonter le moral. Si j’écris « je suppose » c’est parce que la conclusion du livre me laisse un peu perplexe : tous les hommes mariés trompent leurs femmes, toutes les épouses ferment les yeux et attendent que ça passe, toutes les maîtresses se font finalement larguer. Conclusion : les gens mariés sont atrocement malheureux et s’ennuient à mourir…

Oui, je sais, c’est un peu simpliste, mais rassurez-vous, vous ne perdez avec ce résumé que très peu du livre, car l’essentiel du talent d’Anna Gavalda consiste à écrire un livre à partir de rien. Oui, rien. Une histoire banale, une histoire qui arrive à tout le monde et dont on ne fait pas toute une histoire, nous.

C’est pourtant dommage, car de ce livre j’aurais tout de même retenu quelques remarques bien cinglantes et des phrases bien tournées qui font bien sourire, je ne m’en cache pas.

« Larguée », c’est pareil. C’est merveilleux comme expression. Qui a trouvé ça ? Larguer les amarres. Détacher la bonne femme. Prendre le large, déployer ses ailes d’albatros et baiser sous d’autres latitudes.

J’en suis parvenue à la douce conclusion qu’Anna Gavalda et Marc Levy se trouvaient sur le même bateau : il y a tant de bruit autour d’eux que quand on se décide enfin à découvrir leurs best-sellers, on est saisi d’une énorme déception. Il faut dire qu’on s’attendait à tellement plus !

Ma morale de l’histoire, c’est donc que les best-sellers ne valent certainement pas le coup que je m’arrête sur eux. À l’avenir, je me contenterai des auteurs méconnus et de ceux dont la plume rend le banal sensationnel, profond, déroutant et poétique.

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